vendredi 23 mars 2007

L'effet de serre

Monter des eaux à toute vapeur,
avec une louche d'ozone
et un soupçon de gaz sardonique.
C'est la recette de la planète
qu'on transgénique.

mercredi 14 mars 2007

Credo

Douce lumière barricadée,
en ma chapelle intérieure
ouverte sur le monde,
et de certitude lézardée.

mardi 6 mars 2007

Karita Mattila par Richard Avedon

Salomé s’est payé la tête du prophète.


Photo Richard Avedon

lundi 26 février 2007

The Third Man

The end… Comme dans un film de Chaplin,
ils pourraient s'en aller plein-champ, main dans la main.
Mais elle sort de sa vie et crève l'écran.

mercredi 21 février 2007

Les Trembles














Un frisson de lumière,
Un courant d'émotion.
Être vivant, là, au milieu du chemin.

La Valise

Amis d'enfance,
Désarticulés, rapetassés et décapités.
Petit théâtre de nos vies élimées.

mardi 20 février 2007

Frans Hals

Traits de caractère, libérés du dessin,
Et peints en un tournemain, à la vitesse de la lumière.

Varengeville

Une lumière dans la nef,
Braque à deux pas,
Et ce vitrail qui ne regarde que moi.

Les Visiteurs du soir

Une vierge de fer un peu rouillée,
Un vieux lion pétrifié…
Le diable ne les a-t-il donc pas réveillés ?

Pleins cadres

Éventail des lumières d'Espagne :
Barefoot Comtessa en vitrine,
Contre-chant de matamore en sourdine.

Photos d'identité

Enfant caché, famille décomposée…
Les yeux dans mes aïeux, je scrute leur vérité.

En coulisses

Allégories de métal, quincaillerie mystique…
Toute ma fantasmagorie dans son arrière-boutique.

lundi 19 février 2007

L'Anniversaire

Cent cinquante ans après,
la lumière capturée par Le Gray,
Sa Grande Vague en mémoire.

jeudi 15 février 2007

La Tempesta di mare

Courtisées par le vent qui gonfle le flot,
Les ailes tremblantes trempées d’écume,
Elles écoutent la houle rouler les galets.

mercredi 14 février 2007

Duramen

Et dans nos cœurs embrumés,
qui battent la campagne à toute volée
palpite la buée de nos désirs… inavoués.

mardi 13 février 2007

Reflets 3

Abstraction géométrique, mobile dans l'espace,
Extremum absolu en quête d'intervalle,
Courbe à l'équation féminine, sensuelle et mouillée.

Reflets 2

Mon jardin zen friselé d'eau,
Entreciel éther,
Paré de sa moire résonante.

Reflets

Jeu d’eau, langueur d’onde,
Miroir sans tain de ta sérénité
Où viennent boire les oiseaux tristes.

vendredi 9 février 2007

Pantone 4


Un échéancier en perspective
Pour choisir la couleur de l’avenir
Et peindre nos vies en quadrichromie.

jeudi 8 février 2007

Vertumne et Pomone

La vérité transfigurée glisse sous le pinceau d'Arcimboldo.
Étrange modernité, fruit de surréalité.

Une partie de campagne

« Œuvre incomplète, lambeaux de brouillard gonflés comme
la Marne en crue, arraché trop tôt à un rêve intérieur, il faut que
je me secoue et que je me frotte les yeux comme pour me soustraire à un envoûtement. Comme il vous a pipé, roulé une fois de plus, le vieux Renoir, avec sa fausse bonhomie, sa sensualité
de peintre fou, cette façon sournoise de s'ébattre dans le paysage,
d'y barboter comme un fauve enivré et de nous éclabousser
de la lumière diffuse qui éclate glorieusement sous les feuillages.
"La Partie de campagne" ! De quel Renoir s'agit-il ? Est-ce Auguste, Jean, le père, le fils ? Je ne sais plus ! »

Alexandre Astruc. 1946.

mercredi 7 février 2007

Sisley

Toile d'argent ciselée et impressionnée,
émulsion frissonnante aux couleurs de pluie,
révélée sur une vitre en acier trempé.

Toile de mètres

Petite ou Grande Dalle,
de la craie haute en couleurs.

On voit d'ici le tableau
de la vivante nature de Pissarro.

Effervescence

Minérale fraîcheur nacrée,
d'un mouvement ressassé et brassé
qui tourneboule mes pensées.

Rêverie

Sous le ciel mais hors du temps,
la lumière prise à sa source.
Beau sujet de réflexion.

Photo : Rémy Lemonnier

Un jardin extra en hiver

Elle a eu beau protester,
sur ses jambes s'arquer…
Diane s'est fait emballer !

mardi 6 février 2007

Sépia

Au bout du chemin,
une œuvre au noir et blanc.

Blanc bleu

Les rires d'enfants,
la musique des vagues,
les oiseaux sous le vent.
Proust dans sa redingote,
les mains au fond des poches,
la moustache salée d'embruns.
Le sucre des crêpes,
la chantilly dans les assiettes…
Des ballons qui bondissent en criant,
le sable qui crisse sous la dent.

Nymphéas

De givre vernis, ils couronnent Ophélie,
lovée au fond des eaux, comme une reine endormie…

lundi 5 février 2007

Technicolor®

Dans l'air bleu poudré de frais, le soleil fait son cinéma.

Autant en emporte le vent

Don Quichotte,
soumis au supplice des pales,
a perdu l'horizon.

Matière grise

Dans la brume du matin,
le paysage voyage en grandes lignes,
doublé d'arbres qui se défilent,
le pied au plancher.

Bleu de chauffe

Électre trop choquée, Mélusine magnétisée…
Les spectres partent enfumés dans les villes survoltées.

Sans tain










Tronquée et détournée
retouchée et cabossée…
Devant cette image, il faut se garer.

Les amarres












Appel du large,
oiseau découvreur d'espace…
La vie qui tangue à l'envi.

lundi 22 janvier 2007

Hystérésis

Dans l'entrelacs de ma souvenance,
des branches de mémoire rémanente
et des images aimantées aux aguets.

jeudi 21 décembre 2006

Le sentier

Effluves sylvestres, pierres moussues à l'ombre des grands arbres,
le pas léger sur le chemin souple et bondissant
qui mène à ta lumière.

mercredi 20 décembre 2006

L'insulaire

Arpenter la lande,
affronter la force du vent
porteur des trilles d'oiseaux.

Charles Perrault















Tout est beau dans ce qu'on aime ;
Tout ce qu'on aime a de l'esprit.

mardi 19 décembre 2006

Exposure

Les lignes en liberté et le regard croisé,
Lee Friedlander court sur les murs du musée.

Lux aerterna

Bercé par le chant des grillons
la tête dans les étoiles
le corps luisant de rosée.


lundi 18 décembre 2006

Raspoutitsa









Dans l'ornière de l'hiver
le ciel trouve toujours
la clarté des beaux jours.

vendredi 15 décembre 2006

Five Fingers

« There was something electric and at the same time very dangerous about James which had nothing at all to do with conventional screen stardom. He was one of the few people who could really frighten me, and yet at the same time he was the most gentle and courteous of men. When James Mason died in 1984 at the age of 75, he left behind more than one hundred films, two wives, two children, a surprisingly modest legacy, and one overriding question : how was it that the most intelligent and intriguing character actor of his screen generation, and arguably the most talented and distinguished of all the post-war Hollywood raj, went to his grave so personally unknown and professionally uncredited ? James Mason's distinguished reportoire ranged from character actor, his early British films and those with such Hollywood giants as Ava Gardner to his later outstanding performances. Mason's personal politics alienated him from the mainstream of popular affection and examines the reasons why Mason took a backseat to such contemporaries such as Cary Grant, Rex Harrison and David Niven. He possessed as many enemies as friends during a troubled life where he was a misunderstood talent. James Mason was an actor of contradictions.
He was a quietly spoken, deeply private man who chose to follow the most public of careers. The richness of his voice was used to memorable effect in his film work. « I have not for some years seen an actor with such a gift for sinister characterisation. » wrote Daily Telegraph critic W A Darlington on a student production Mason appeared in at Cambridge.

Here is to you, Mrs Abington

Une actrice à l'affiche, par Reynolds immortalisée.
Guipures de lumière et carnation de tubéreuse.
Regard sibyllin perdu dans l'argent de sa psyché.


Angel heart

Un ange passe, s'arrête et s'assoupit.
Comme une plume, il pèse sur ta nuit…
Un ange part, s'apprête, et te sourit.

jeudi 14 décembre 2006

Pantone 3

Jeu de couleurs acidulées,
lumières mouvantes
et évanescentes,
spectres incertains,
phosphènes de mémoire.

mercredi 13 décembre 2006

Saint Polychrome

À l'ombre fraîche de la chapelle, nouvel embrasement
de la pierre de lave où palpite doucement l'âme du vitrail.


vendredi 8 décembre 2006

Vague à l'âme

Dans mon port intérieur, tu as largué les amarres de l'histoire où nous nous étions embarqués.


mardi 5 décembre 2006

Les Enfants du paradis

LE PETIT BAPTISTE. Bonjour, Madame.
Flash sur Garance, étonnée, puis reprise sur l’enfant en plan rapproché. Puis contrechamp en fonction du dialogue.
LE PETIT BAPTISTE, avec gentillesse, simplicité et aucune gêne. J’ai une commission à vous faire. Je suis venu vous dire que nous vivons très heureux tous les trois, maman, papa et moi.
GARANCE, effrondrée. Et c’est ton père qui t’a envoyé me dire cela ?
LE PETIT BAPTISTE. Non, c’est maman. Mais maman, papa et moi, c’est pareil !
Plan rapproché de Garance, muette, et retour sur l’enfant.
LE PETIT BAPTISTE. C’est vrai ce que maman a dit !
GARANCE, sur elle, triste. Qu’est-ce qu’elle a dit ?
LE PETIT BAPTISTE, sur lui. Que vous étiez belle ! (Il lui sourit.) Quand je serai grand, je me marierai, et alors, c’est une comme vous que je prendrai…, ou comme maman. S’il y en a, bien sûr !
Plan américain de Garance de profil. Elle tend la main au petit Baptiste qui entre à droite, s’approche d’elle et met la main dans la sienne.
GARANCE. Tu es un très gentil petit garçon.
LE PETIT BAPTISTE, poursuivant son idée. Vous êtes mariée, vous ?
GARANCE. Non.
LE PETIT BAPTISTE. Alors, vous n’avez pas de petit garçon ?
GARANCE. Non, je n’ai pas de petit garçon.
LE PETIT BAPTISTE, plus grave. T’es toute seule, alors ?
GARANCE, de plus en plus triste, caresse avec une grande douceur les cheveux du petit Baptiste. (On entend les trois coups du brigadier annonçant que le rideau va se lever.)
GARANCE. Oui, je suis toute seule…

Le Déjeuner d'huîtres

Fugace rémanence d'un souvenir d'enfance.