mercredi 21 février 2007

Les Trembles














Un frisson de lumière,
Un courant d'émotion.
Être vivant, là, au milieu du chemin.

La Valise

Amis d'enfance,
Désarticulés, rapetassés et décapités.
Petit théâtre de nos vies élimées.

mardi 20 février 2007

Frans Hals

Traits de caractère, libérés du dessin,
Et peints en un tournemain, à la vitesse de la lumière.

Varengeville

Une lumière dans la nef,
Braque à deux pas,
Et ce vitrail qui ne regarde que moi.

Les Visiteurs du soir

Une vierge de fer un peu rouillée,
Un vieux lion pétrifié…
Le diable ne les a-t-il donc pas réveillés ?

Pleins cadres

Éventail des lumières d'Espagne :
Barefoot Comtessa en vitrine,
Contre-chant de matamore en sourdine.

Photos d'identité

Enfant caché, famille décomposée…
Les yeux dans mes aïeux, je scrute leur vérité.

En coulisses

Allégories de métal, quincaillerie mystique…
Toute ma fantasmagorie dans son arrière-boutique.

lundi 19 février 2007

L'Anniversaire

Cent cinquante ans après,
la lumière capturée par Le Gray,
Sa Grande Vague en mémoire.

jeudi 15 février 2007

La Tempesta di mare

Courtisées par le vent qui gonfle le flot,
Les ailes tremblantes trempées d’écume,
Elles écoutent la houle rouler les galets.

mercredi 14 février 2007

Duramen

Et dans nos cœurs embrumés,
qui battent la campagne à toute volée
palpite la buée de nos désirs… inavoués.

mardi 13 février 2007

Reflets 3

Abstraction géométrique, mobile dans l'espace,
Extremum absolu en quête d'intervalle,
Courbe à l'équation féminine, sensuelle et mouillée.

Reflets 2

Mon jardin zen friselé d'eau,
Entreciel éther,
Paré de sa moire résonante.

Reflets

Jeu d’eau, langueur d’onde,
Miroir sans tain de ta sérénité
Où viennent boire les oiseaux tristes.

vendredi 9 février 2007

Pantone 4


Un échéancier en perspective
Pour choisir la couleur de l’avenir
Et peindre nos vies en quadrichromie.

jeudi 8 février 2007

Vertumne et Pomone

La vérité transfigurée glisse sous le pinceau d'Arcimboldo.
Étrange modernité, fruit de surréalité.

Une partie de campagne

« Œuvre incomplète, lambeaux de brouillard gonflés comme
la Marne en crue, arraché trop tôt à un rêve intérieur, il faut que
je me secoue et que je me frotte les yeux comme pour me soustraire à un envoûtement. Comme il vous a pipé, roulé une fois de plus, le vieux Renoir, avec sa fausse bonhomie, sa sensualité
de peintre fou, cette façon sournoise de s'ébattre dans le paysage,
d'y barboter comme un fauve enivré et de nous éclabousser
de la lumière diffuse qui éclate glorieusement sous les feuillages.
"La Partie de campagne" ! De quel Renoir s'agit-il ? Est-ce Auguste, Jean, le père, le fils ? Je ne sais plus ! »

Alexandre Astruc. 1946.

mercredi 7 février 2007

Sisley

Toile d'argent ciselée et impressionnée,
émulsion frissonnante aux couleurs de pluie,
révélée sur une vitre en acier trempé.

Toile de mètres

Petite ou Grande Dalle,
de la craie haute en couleurs.

On voit d'ici le tableau
de la vivante nature de Pissarro.

Effervescence

Minérale fraîcheur nacrée,
d'un mouvement ressassé et brassé
qui tourneboule mes pensées.